Interview de Emilie OBERDORF – Babilogue certifiée
🌼 Introduction : parcours et vocation
Peux-tu te présenter et nous raconter ton parcours avant de devenir Babilogue ?
Je m’appelle Emilie, j’ai 42 ans, je suis mariée et maman de 3 garçons de 16, 13 et 5 ans. Côté professionnel j’ai passé 12 ans dans le monde de l’entreprise en tant qu’assistante commerciale, puis j’ai choisi de me rapprocher de l’enfant (et de mon rêve d’enfant) en devenant assistante maternelle, métier que j’ai exercée pendant 10 ans. Dix années durant lesquelles, je me suis beaucoup formée, afin de développer mes compétences dans le domaine de la petite enfance, enfance et adolescence. Et j’ai également fait école à la maison à mes deux ainés.
Ce dernier rôle m’a profondément nourrie : j’ai accompagné des dizaines de familles, observé les tout-petits évoluer, et développé une sensibilité particulière pour les dynamiques familiales. C’est une belle école de vie… même si je ne savais pas encore que tout cela me menait vers la Babilogie® !
Comment as-tu découvert la Babilogie® ?
C’est grâce au compte Instagram de Chloé Silvestre que j’ai découvert la Parole au bébé. Ses partages de séances m’ont immédiatement touchée, je trouvais cela tout simplement incroyable. J’ai pris contact avec elle par téléphone, et j’ai su dès cette première conversation que c’était une voie qui me correspondait. Je me suis lancée dans la formation Parole au bébé en septembre 2024, et j’ai naturellement suivi Chloé lorsqu’elle a ouvert sa formation de Babilogie. Je suis certifiée depuis septembre 2025.
Qu’est-ce qui a résonné en toi au point de vouloir en faire ton métier ?
J’ai toujours été attirée par les méthodes alternatives, permettant de mettre en mots des choses profondes, qu’il était difficile d’exprimer, que ce soit pour les adultes ou pour les enfants. Les retours de séances que Chloé postait sur Instagram confirmait tout ce que j’imaginais de cette approche : une profondeur, une douceur, pour les bébés, les enfants et leurs familles. J’avais la certitude absolue que c’était ce que je voulais faire, aucun doute. Et je me suis rendu compte que pouvoir aider les bébés et les familles était finalement la suite logique de tout mon parcours professionnel.
Avais-tu déjà une expérience dans le domaine de la parentalité, de la petite enfance ou de la relation d’aide avant ?
Oui, en tant que maman dans un 1er temps, puisque j’ai toujours eu à cœur d’accompagner au mieux mes enfants, en me formant, en lisant beaucoup, en assistant à des conférences. En faisant école à la maison, j’ai encore plus affiné tout cela. Puis professionnellement, en tant qu’assistante maternelle. Je me suis également formée à la pédagogie Montessori, et j’ai eu la chance de pouvoir animer des ateliers au sein d’une école Montessori.
🌱 Le vécu de la formation
Y a-t-il un module, une thématique ou une rencontre qui t’a particulièrement marquée ?
Ce qui m’a le plus marquée, c’est la profondeur avec laquelle on aborde le langage du bébé – pas seulement ses pleurs ou ses sourires, mais tout ce qu’il exprime à travers son corps, ses tensions, ses résistances, ses symptômes, physiques ou émotionnels . Comprendre que le bébé communique en permanence, et que nous avons les outils pour l’écouter vraiment, c’est quelque chose qui a changé ma façon de regarder chaque enfant.
Chaque séance réalisée m’a permis de rencontrer des familles incroyables, et de me nourrir d’elles.
Mes plus belles rencontres se sont également faites au sein même de la formation. Des femmes, en formation comme moi, avec qui une réelle amitié s’est créée. Aujourd’hui nous sommes toujours là les unes pour les autres dans les bons comme dans les moins bons moments ; on se tire vers le haut.
Comment la formation a-t-elle transformée ta vision de l’enfant, du parent… et de toi-même ?
Ma plus grande prise de conscience, c’est que les parents souffrent souvent en silence. Ils font de leur mieux, mais se sentent seuls face aux signaux de leur enfant. Quand ils m’appellent, ils sont souvent à bout et démunis.
Lors des séances, ce qui ressort concernant les enfants, et surtout leurs croyances limitantes, montrent qu’ils portent des choses déjà tellement lourdes à un si jeune âge.
Quelle a été ta plus grande découverte ou prise de conscience pendant cette période ?
Cette formation et ma pratique m’a permis de m’ouvrir encore plus au monde subtil, à la spiritualité, c’est le plus beau des cadeaux. J’ai appris à mieux me connaître, à me faire plus confiance, à travailler sur moi de manière profonde et durable, à prendre conscience de beaucoup de choses qui m’empêchaient d’avancer, et qui aujourd’hui commencent enfin à se libérer.
🌿 La pratique aujourd’hui
Comment se déroule ton activité aujourd’hui (type de public, accompagnements, formats proposés, etc.) ?
J’accompagne les bébés et les enfants de 0 à 10 ans, ainsi que les mamans en devenir. Je propose des séances en présentiel dans un cabinet, mais aussi à distance, ce qui me permet de toucher des familles au-delà de ma région. Chaque accompagnement est unique : j’adapte ma pratique à l’enfant, à la famille, à ce qui se présente en séance.
Qu’est-ce qui te passionne le plus dans ton métier ?
Les rencontres, la diversité des situations, aucune séance ne se ressemble ; je ressors à chaque fois avec de nouvelles connaissances, de nouveaux sujets sur lesquels je me penche. Chaque séance me fait évoluer.
Peux-tu partager une situation (sans détail confidentiel) qui t’a particulièrement touchée dans ta pratique ?
Toutes mes séances me touchent particulièrement. Mais celle qui me vient en premier, c’est la toute 1ère séance que j’ai faite. J’ai rencontré des parents adorables, qui ont su me mettre à l’aise, car j’étais particulièrement stressé. Ils m’ont suivie depuis le début, et je les en remercie.
J’ai plusieurs mamans qui me suivent depuis mes débuts, et qui régulièrement réservent des séances, c’est le plus beau des compliments pour moi.
Quelles sont les valeurs ou intentions qui guident ton accompagnement ?
L’écoute, la bienveillance et l’empathie sont au cœur de ce que je fais et au coeur des mes valeurs. Les parents qui viennent me voir sont souvent démunis : ils cherchent des réponses, mais surtout, ils ont besoin d’un espace sans jugement. Mon rôle, c’est d’offrir cet espace pour eux, mais aussi pour leur enfant, que j’aide à s’exprimer à sa façon.
🌸 Le regard sur la parentalité et la société
Selon toi, de quoi les parents ont-ils le plus besoin aujourd’hui ?
De retrouver confiance en eux. On vit dans une époque où les injonctions autour de la parentalité sont partout : il faut faire ainsi, éviter cela… Les parents sont souvent submergés d’informations contradictoires et finissent par douter d’eux-mêmes. Ce dont ils ont besoin, c’est de se reconnecter à leur propre instinct, de se sentir légitimes dans leur rôle.
J’ai eu plusieurs mamans qui, à la suite d’une séance m’ont dit que ce qui était ressorti confirmait leur intuition, et qu’elles allaient désormais davantage s’écouter.
Comment vois-tu l’évolution du regard porté sur la parentalité et les émotions des enfants ces dernières années ?
Je perçois une vraie évolution, et c’est encourageant. Même s’il y a encore beaucoup de chemin à faire, les émotions de l’enfant sont de plus en plus reconnues comme légitimes. On parle davantage d’intelligence émotionnelle, de parentalité bienveillante, du besoin de sécurité affective. Les parents sont plus nombreux à chercher à comprendre leur enfant plutôt qu’à simplement le faire obéir. Mais cette prise de conscience s’accompagne aussi d’une pression nouvelle : celle de « bien faire ». Et c’est là que beaucoup se perdent. L’évolution est belle, à condition qu’elle libère les parents plutôt qu’elle ne les culpabilise davantage.
Quels sont les freins ou idées reçues que tu rencontres souvent à propos de ton métier ?
La première, c’est souvent : « Un bébé, ça ne comprend pas vraiment. » Or la Babilogie® part justement du principe inverse : le bébé perçoit, ressent et communique bien avant les mots. Une autre idée reçue, c’est que consulter une Babilogue serait réservé aux situations de crise. Pas du tout : beaucoup de familles viennent simplement pour mieux comprendre leur enfant avec une “carte blanche”, pour accompagner une transition, ou par curiosité et ouverture. C’est aussi un espace de prévention et de mieux-être. Il faut être ouvert au fait qu’il y a une énergie qui sait tout sur tout, la Sagesse, l’Univers, la Source, peu importe comment on l’appelle.
Quel message aimerais tu faire passer aux parents qui se sentent parfois dépassés ou seuls ?
Vous faites mieux que vous ne le croyez. Le simple fait de chercher, de s’interroger, de vouloir comprendre votre enfant – c’est déjà une forme d’amour immense. Vous n’avez pas à être parfaits. Et surtout, vous n’avez pas à traverser ça seuls.
✨ Évolution et transmission
Comment continues tu à te nourrir et à faire évoluer ta pratique aujourd’hui ?
En lisant, en me renseignant, en questionnant. Lors des séances, selon ce qui ressort, cela m’amène à me questionner. Je discute beaucoup avec d’autres Babilogue, puisque chacune, nous avons nôtre vécu, nos spécialisations. C’est une grande richesse.
As-tu des projets futurs autour de la Babilogie® (conférences, formations, écrits, collaborations…) ?
Oui, beaucoup ! Je développe actuellement des ateliers autour de la parentalité, ainsi que des formations à destination des parents. Je vais également devenir ambassadrice parents pour la lutte contre le harcèlement au sein du collège de mon fils, et je souhaite intervenir dans les crèches et les écoles sur ce sujet. À plus long terme, j’aimerais être une véritable référente parentalité dans mon secteur.
Je travaille aussi sur un accompagnement spécifique, avec une amie Babilogue, pour les préadolescents et adolescents (11-18 ans), car je réalise qu’il existe très peu de choses pour les écouter vraiment à cet âge, et je veux prendre part à ce changement.
Quel conseil donnerais-tu à une personne qui envisage de se former à la Babilogie® ?
Faites confiance à ce qui vous attire. Si quelque chose en vous résonne en entendant parler de babilogie, c’est rarement un hasard. N’attendez pas d’avoir toutes les réponses pour vous lancer – la formation elle-même vous transforme, et c’est souvent dans ce chemin intérieur que se trouve la plus grande richesse.
Une citation, un mot ou une image qui symbolise ton chemin de Babilogue ?
Une graine. Parce que tout ce que je fais, c’est planter quelque chose – dans le cœur d’un parent, dans le corps d’un bébé, dans l’espace d’une séance. Je ne vois pas toujours pousser. Mais je sais que ça grandit, que ça évolue. Chaque enfant le fait à son rythme, tout est juste.
