La prééclampsie
En Babilogie®, nous recevons parfois des familles concernées par cette complication de grossesse, dont les conséquences sont loin d’être anodines.
Qu’est-ce que la prééclampsie ?
Cette maladie associe une hypertension artérielle et la présence de protéines dans les urines. Elle résulte d’un dysfonctionnement du placenta (défaut de vaisseaux sanguins dans le placenta). Des facteurs de risque sont en cause (certains aliments sont à éviter, une activité physique modérée est conseillée), mais la pré-éclampsie peut apparaître chez toute femme enceinte et à tout moment de la gestation. La surveillance mensuelle des mères-en-devenir permet de détecter cette complication possible.
Le seul traitement est l’accouchement et la délivrance du placenta. Une hospitalisation de la maman-en-devenir peut également avoir lieu dès la prééclampsie décelée, un repos strict est au minimum préconisé et un suivi d’au moins 6 semaines post-partum est requis pour la maman.
Dans certains cas, l’accouchement devra donc être devancé, soit en déclenchant le travail par des médicaments qui provoquent des contractions, soit par césarienne, entraînant parfois la naissance d’un bébé en situation de grande prématurité.
Si la prééclampsie n’est pas prise en charge, elle peut aboutir à une éclampsie, qui engagerait alors le pronostic vital de la maman et/ou du bébé. Le suivi des mamans-en-devenir est donc primordial et a permis de diminuer très nettement en France les risques de complications de la prééclampsie.
Le possible vécu des parents :
Dans cette situation si particulière, les parents peuvent ressentir de nombreuses émotions parmi lesquelles :
- De la peur pour leur enfant
- De la peur pour la maman
- Un sentiment d’impuissance et/ou de culpabilité
- Un sentiment de frustration
- Un sentiment d’injustice
- Un sentiment de perte de contrôle
Le possible vécu de l’enfant :
Par la prééclampsie et par sa probable prématurité (voir l’article du 28 mai), le bébé peut :
- se sentir responsable du risque couru par sa mère
- avoir peur de mourir ou que sa maman meure
- se sentir constamment en danger et sur le qui-vive
- se sentir abandonné, rejeté ou non aimé
Il peut aussi n’avoir réactivé aucune croyance et donc émotion par ce qu’il a vécu.
Les possibles croyances en lien avec cet événement :
Le bébé peut réactiver des croyances en lien avec cet événement :
- Il peut croire que sa mère n’est pas fiable
- Il peut croire que sa mère et/ou lui sont constamment en danger de mort
- Il peut croire qu’il n’est en sécurité nulle part
- Il peut croire que chaque changement sera forcément brutal et dangereux
- Il peut croire que le monde extérieur est dangereux
- Il peut croire qu’il est responsable de ce qui est arrivé et vouloir combler ou réparer les difficultés rencontrées par sa maman et/ou son papa.
Bien sûr, il peut aussi échapper à l’adhésion à ses croyances.
Quel lien avec la Babilogie ?
Lors d’une séance, le bébé peut faire référence à la prééclampsie en l’évoquant directement ou en exprimant une émotion et/ou une croyance en lien avec cet événement. C’est ce qui s’est passé pour Alix dans le récit de séance du 17 juin. En effet, il se croyait responsable du danger couru par sa maman.
La séance peut aussi avoir lieu alors que la prééclampsie est en surveillance et que le bébé est toujours in utero. Cela peut permettre au bébé d’exprimer ce qu’il vit à cet instant.
Accueillir avec douceur, bienveillance ce qu’expriment les parents comme l’enfant par rapport à la prééclampsie peut vraiment permettre à chacun d’avancer sur le chemin de l’acceptation de ce vécu, celui-ci pouvant alors devenir une ressource plutôt qu’un frein.
