Interview de Manon Peignet – Certifiée en Babilogie

🌼 Introduction : parcours et vocation

Peux-tu te présenter et nous raconter ton parcours avant de devenir babilogue ?


Je m’appelle Manon, j’ai 31 ans, j’ai un petit garçon de 5 ans et j’exerce à Cordemais en Loire-Atlantique mais aussi en visio. Avant d’être babilogue, j’étais assistante maternelle, passion qui a été transmise de génération en génération, même si j’ai toujours su qu’il me manquait quelque chose dans ma pratique, ce n’était pas assez à mon sens.

Comment as-tu découvert la babilogie ?


J’ai découvert la babilogie grâce à mon fils et à ses difficultés de sommeil. Pendant deux ans et demi, il n’a pas fait de nuits complètes et les siestes étaient très compliquées.
Nous avons fini par découvrir sa maladie cœliaque, mais même une fois soulagé sur le plan médical, son sommeil restait perturbé. J’ai alors cherché des alternatives : j’ai d’abord essayé la kinésiologie, puis je suis tombée sur le Chuchotis, qui a très bien fonctionné pour mon fils.

Qu’est-ce qui a résonné en toi au point de vouloir en faire ton métier ?


Cela a été une véritable évidence. Lors de la séance de Chuchotis, j’ai immédiatement su que c’était ça. Je ne saurais expliquer comment ni pourquoi, mais dès le début de la séance, j’ai senti que c’était ma place.
J’ai compris que c’était ce qui manquait à ma pratique et que je devais m’orienter dans cette direction. J’ai alors cherché une formation et je suis tombée sur celle de Chloé. Au-delà des résultats observés chez mon fils (qui, je le rappelle, ne sont pas garantis), c’est la profondeur de la séance et le sentiment de bien-être qu’elle procure qui m’ont profondément convaincue.


🌱 Le vécu de la formation

Y a-t-il un module, une thématique ou une rencontre qui t’a particulièrement marquée ?


J’ai deux rencontres en tête. La première, c’est un couple de deux mamans. Dès que la caméra s’est allumée, je ne saurais expliquer pourquoi, mais il y a eu comme une connexion, et ça m’a vraiment marquée.

La deuxième, c’est une maman solo avec une histoire difficile. Surtout, je me suis pris une véritable claque de résilience : elle a eu sa fille à l’issue d’un viol. Pourtant, la première chose qu’elle m’a dite, c’était : « ma fille m’a sauvé la vie ». Là où l’on aurait pu s’attendre à ce qu’elle s’écroule à l’annonce, elle, elle a vu et ressenti les choses autrement.

Comment la formation a-t-elle transformé ta vision de l’enfant, du parent… et de toi-même ?

Aujourd’hui, je sais que derrière chaque comportement que l’on considère comme « difficile », ou derrière un enfant « trop sage », il y a probablement quelque chose de non-dit. Je vois vraiment l’enfant avec un œil différent, plus extérieur.

Le parent, désormais, je le vois vraiment comme un équipier. Clairement, la séance repose sur un travail d’équipe : moi, j’ai les outils pour creuser, et le parent a les informations dont j’ai besoin..

Quelle a été ta plus grande découverte ou prise de conscience pendant cette période ?


La découverte de moi-même. Car au-delà d’apprendre la babilogie, on apprend aussi sur soi et avec soi. J’ai pris confiance en moi, en ma pratique, j’ai trouvé ma place.

Chaque jour est d’ailleurs une victoire, puisque j’apprends à faire des choses que je n’aurais pas osé faire avant (par exemple, aller démarcher pour me faire connaître). Je suis une personne discrète de nature, et là, je dois apprendre à, quelque part, me montrer. J’apprends donc à me découvrir en tant qu’entrepreneure.

🌿 La pratique aujourd’hui

Comment se déroule ton activité aujourd’hui (type de public, accompagnements, formats proposés, etc.) ?

Aujourd’hui, mon activité se déroule plutôt bien et j’ai beaucoup de chance de pouvoir accompagner des parents, mais surtout des enfants de 0 à 10 ans, et même in utero.
Je me suis également formée aux massages bébés et enfants, ainsi qu’à la réflexologie plantaire. Je pratique en visio ou à domicile, chez moi.

Qu’est-ce qui te passionne le plus dans ton métier ?

Le fait qu’il n’y ait aucune séance qui se ressemble, qu’aucun enfant ne soit le même… chaque séance me fascine autant que les autres.
Vraiment, tout me passionne dans mon métier : aussi bien les séances que le côté administratif, apprendre à créer un site web, gérer les réseaux sociaux, et contribuer au site Babilogie avec Émilie en rédigeant des articles. Chaque jour, j’apprends ; il n’y a pas vraiment de routine.
Pour autant, les séances restent ce qui me passionne le plus, notamment le contact avec l’enfant et avec le parent.

Peux-tu partager une situation (sans détail confidentiel) qui t’a particulièrement touchée dans ta pratique ?

Pour moi, chaque séance me touche. Maintenant, si je devais vraiment choisir un sujet qui me touche particulièrement, ce serait le décès d’un bébé in utero ou après la naissance.
C’est un sujet qui me touche car c’est une peur que j’ai portée – et que je porte encore – avec mon fils.

Quelles sont les valeurs ou intentions qui guident ton accompagnement ?

Je dirais la bienveillance, l’empathie, mais surtout le non-jugement. Je mets vraiment un point d’honneur, dans la vie de tous les jours, mais aussi et surtout en séance, à ne juger personne ni quoi que ce soit.
J’ai besoin que les parents se sentent en confiance pour se confier, s’ils en ressentent le besoin.


🌸 Le regard sur la parentalité et la société

Selon toi, de quoi les parents ont-ils le plus besoin aujourd’hui ?

Selon moi, les parents ont avant tout besoin de se faire confiance. Les parents d’aujourd’hui doutent énormément et, s’il est sain de se remettre en question, il est tout aussi important de s’écouter et de se faire confiance.
Je dis d’ailleurs souvent aux parents qu’ils sont ce qu’il y a de mieux pour leur enfant, et qu’il vaut mieux un parent pleinement présent pendant 15 minutes qu’un parent présent physiquement toute la journée, mais absent mentalement et émotionnellement.

Comment vois-tu l’évolution du regard porté sur la parentalité et les émotions des enfants ces dernières années ?

Je la vois vraiment évoluer dans le bon sens. Il est de plus en plus mis en évidence qu’un enfant est un être humain à part entière et qu’il ressent, lui aussi, des choses.

Quels sont les freins ou idées reçues que tu rencontres souvent à propos de ton métier ?

Je dirais le fait que ce ne soit pas perçu comme quelque chose de « terre à terre », ni prouvé par la science. Il est parfois difficile d’expliquer mon métier lorsque la personne en face n’est pas un minimum ouverte d’esprit.

Si tu pouvais faire passer un message à tous les parents, lequel serait-il ?

Le même conseil que ma sœur m’a donné lorsque je suis tombée enceinte :
« N’écoutez que vous : vous êtes ses parents, vous savez mieux que personne. »

Quel message aimerais-tu faire passer aux parents qui se sentent parfois dépassés ou seuls ?

Vous êtes le parent qu’il lui faut, ne l’oubliez jamais. Soyez parfaitement imparfaits : cela vous évitera de perdre un temps précieux à tenter d’être parfaits.


✨ Évolution et transmission

Comment continues-tu à te nourrir et à faire évoluer ta pratique aujourd’hui ?

Je me forme, j’écoute autour de moi et, surtout, j’apprends de tout : des livres, des formations, de mes séances, et surtout des enfants que j’accompagne.

As-tu des projets futurs autour de la babilogie (conférences, formations, écrits, collaborations) ?

Oui, j’essaie de mettre en place des moments café avec des parents, une fois par mois. J’y donne des conseils pour soulager ou apaiser.
J’aimerais également collaborer avec des sages-femmes, ou même des doulas.

Quel conseil donnerais-tu à une personne qui envisage de se former à la babilogie ?


Je lui dirais de foncer 🙂

Une citation, un mot ou une image qui symbolise ton chemin de babilogue ?

« Dans les yeux d’un enfant, le monde se raconte autrement. »

Interview réalisée par Manon Peignet et Émilie Oberdorf avec Manon Peignet, certifiée en babilogie.

Emilie Oberdorf
Author: Emilie Oberdorf

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