Quand la parole libère….mais réveille la culpabilité parentale


Lorsqu’un parent pousse la porte d’un accompagnement en Babilogie, c’est souvent par amour.
Par envie de comprendre ce qui se joue pour son enfant, de mieux l’accompagner, de lui offrir un espace d’apaisement.

Et pourtant, au fil des séances, il arrive que certaines paroles résonnent un peu plus fort… qu’elles viennent toucher quelque chose de profondément intime : la culpabilité parentale.

Cette émotion, parfois diffuse, parfois envahissante, peut se manifester dès qu’un lien se fait entre le vécu de l’enfant et celui du parent. Quand un mot, une histoire, un comportement d’aujourd’hui fait écho à un événement du passé.

Et c’est là que la magie de la mise en mots opère – car dans ces instants où tout s’éclaire, la prise de conscience peut à la fois libérer et bousculer.


La culpabilité : un signe d’amour… mais aussi d’exigence

Ressentir de la culpabilité, c’est souvent le signe que l’on se sent profondément concerné.
Ce n’est pas une preuve d’échec, mais un témoin d’attachement et du désir de bien faire.

Mais parfois, cette culpabilité révèle aussi une exigence trop forte envers soi-même.
Le fameux syndrome du parent parfait : celui ou celle qui voudrait toujours tout bien faire, ne jamais crier, toujours comprendre, toujours être patient.
Une image idéalisée, souvent impossible à atteindre, et qui finit par épuiser.

Lorsque la culpabilité devient trop présente, trop lourde, elle peut alors être l’invitation à réajuster nos attentes.
Non pas pour faire “moins bien”, mais pour faire plus juste, plus humain, plus réaliste.


Un signal pour se réaligner

La culpabilité, lorsqu’elle est écoutée sans jugement, peut devenir une boussole précieuse.
Elle indique souvent qu’un écart se creuse entre ce que nous aimerions être et ce que nous faisons vraiment.

Prenons l’exemple d’une maman qui se met en colère, qui crie trop souvent, puis s’en veut, se promet de faire autrement…
Cette culpabilité n’est pas là pour la punir, mais pour lui montrer qu’elle aspire à autre chose.
Qu’elle souhaite retrouver de la douceur, du calme, une relation plus sereine avec son enfant.

Dans ce cas, la culpabilité devient un moteur de transformation : elle pousse à poser des actions concrètes, à chercher du soutien, à mettre en place de nouvelles façons d’agir.
Elle nous invite à passer du “je m’en veux” au “je m’engage à faire autrement”.


Accueillir sans se juger

Accueillir ce qui émerge, c’est déjà un immense pas.
La Babilogie ne cherche pas de “responsables” – elle cherche du sens.
Elle invite à regarder avec douceur ce qui s’est transmis, sans blâme ni culpabilité.

Parce qu’un parent qui prend conscience est un parent qui grandit, et qui offre à son enfant la possibilité, lui aussi, de se libérer d’un poids. C’est en posant des mots, en laissant la parole circuler, que chacun retrouve sa juste place.
Et peu à peu, la culpabilité laisse place à la compréhension, puis à la paix.


Conclusion

Si certaines séances remuent, c’est souvent parce qu’elles touchent juste.
Et c’est dans ce mouvement là, entre les émotions et les prises de conscience, que la relation parent-enfant se réajuste, se répare, s’allège. La culpabilité n’est pas un obstacle : elle est souvent le premier pas vers la guérison d’un lien.


Elle nous rappelle que nous aimons, que nous voulons bien faire, et qu’il est toujours possible de grandir – avec bienveillance, pas à pas.

Emilie Oberdorf
Author: Emilie Oberdorf

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